Monsieur M***

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Monsieur M*** est un homme âgé de 48 ans. Il souffre d’une addiction à la cocaïne, à l’alcool et au tabac. Il est venu à l’hôpital pour un sevrage.

Dès son arrivée, il a été mon coup de cœur grâce à nos origines communes. Durant son séjour ce monsieur est devenu hyper actif et très nerveux à cause du sevrage. Il était en manque de substances. Alors j’ai eu l’idée de le mettre devant la télé pour le canaliser un peu. Ce qui a bien marché. Depuis ce jour, Monsieur M*** passe ses journées devant la télé à regarder les infos et il critique tout ce qu’il voit.

 

Texte et photo par Sandrine D.

Cette porte qui…

oceane-5Cette porte qui contenait simplement des produits ménagés lui rendait son quotidien au sein de la maison, très difficile.

Cette porte grise au fond du couloir du premier étage de la maison de retraite Pierre Tabanou ne cachait rien d’autres que de simples produits et quelques vestiaires d’aides-soignantes. Pourtant, cette dame, Madame G***, 87 ans, en avait une peur atroce.

Sociable et très gentille auprès de l’équipe médicale, quand cette dame franchissait ce couloir pour aller dans sa chambre, elle changeait totalement de comportement.

Elle devenait angoissée et raide, devant la porte de sa chambre. Quelques fois elle pleurait, devenait agressive et criait comme si elle éprouvait des remords. Au début elle me faisait peur. Je croyais qu’elle était atteinte d’un de ces syndromes de vieillesse, mais après quelques contacts avec elle, j’ai appris que cette porte lui rappelait la guerre où elle évoquait  » y avoir beaucoup de gris » ( le ciel, la fumée..). Elle éprouvait des regrets de n’avoir pas pu sauver sa sœur.

Texte et photo par Océane C.

A l’accueil

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Un soir, j’étais assise à mon bureau, il était 17h10, donc j’ai fermé la porte de l’accueil pour rassembler les enfants afin de faire l’appel, avant de l’ouvrir à nouveau, à 17h30. En fermant la porte j’ai aussi fermé le rideau, puis on est allé chercher les enfants de l’autre coté de la salle. Pendant que je faisais l’appel, une maman est venue toquer pour que je vienne lui ouvrir, alors qu’elle connaît la règle : à 17h10 la porte doit être fermée et aucun parent n’a le droit venir chercher son enfant entre 17h10 et 17h30, c’est pour une question de facture. Puis, à 17h30, cette maman est revenue chercher son enfant, en râlant. Disant qu’elle prendrait rendez-vous avec le directeur, et en faisant d’autres réflexions désagréables. Les animateurs et moi-même nous n’avons pas essayé de riposter.

Confrontée à cette situation, j’ai découvert que dans la fonction que j’ai exercée  il faut savoir prendre sur soi pour éviter quelconques conflits avec les parents ou avec qui que ce soit.

Texte et photo par Affoussatou. K

L’éditorial de Taous B.

Photo par Tinosa V.
Photo – Tinosa V.

Paradarius est un journal en ligne qui sert à publier des articles d’élèves de terminale CAP qui veulent vous faire découvrir leur filière petite enfance.

Les élèves vous racontent des moments, des souvenirs de leurs stages. Il y a des photos et leurs ressentis pour vous expliquer ce qui les a marquées, touchées, ce qu’elles ont appris.

Dans cette nouvelle mise en ligne, vous pourrez découvrir les histoires de quelques élèves : une histoire de sieste, une autre de peinture…

Bonne lecture, à bientôt et n’hésitez pas à laisser un commentaire.

Par Taous B.

De la peinture

Atelier peinture
Atelier peinture

L’institutrice me donne des cartons à couper en rectangles. Je trace quatre colonnes en longueur, puis je les colle sur un tableau. Ensuite, l’institutrice me confie quatre enfants, dans cet atelier. Je leur fait porter une blouse. Puis je leur verse différentes couleurs de peinture : blanc, argent, or.

À l’aide d’un tampon, les enfants doivent prendre une couleur et tamponner sur le carton, sur toute la longueur, sans dépasser les autres colonnes.

Texte et photo par Tinosa V.

Dans la classe de Madame E***

assa-16Tous les matins, à 8h35, j’arrive dans la classe de Madame E***. Elle est toujours prête à faire cours avec les enfants, et toujours souriante. Mais ce matin, c’est différent. Elle me dit qu’elle a le moral à zéro. Elle me raconte que les enfants, personne ne les a conduit aux toilettes et qu’elle a eu de réelles difficultés à le faire seule. Elle m’explique aussi que cela lui fait plaisir que je sois là aujourd’hui. Ça lui remonte le moral. Elle me remercie pour l’aide que je lui apporte.

Texte et photo par Assa S.

 

Une sieste, une histoire

Pendant la sieste
Pendant la sieste

Je suis  dans le dortoir, les enfants s’installent dans leur lit. J’aide une petite fille à s’endormir. Chaque jour, je passe mes après-midis à la regarder s’installer, rester assise dans son lit et regarder le sol. Elle a un visage fatigué, ses yeux sont rouges vifs, cernés. Ils ont l’air humide d’épuisement.  Elle passe donc quatre heures à rester là, sans rien faire, ni fermer les yeux pour quelque temps, le temps de se reposer ne serait-ce que quelques minutes. Un jour, je l’ai regardée pendant quelques heures. Son lit était juste à côté de moi et  à côté de la grande porte qui donne sur la cour, avec des grands rideaux qui coupent le soleil et nous laissent dans le  noir. Il fait un peu sombre, son lit est bas. Je me baisse et je remarque qu’un petit souffle de vent passe doucement près de la tête  de la petite. Je me demande si cela ne la dérange pas. Donc je vais chercher des couvertures qui se trouvent en haut de l’armoire et je les pose sur le sol, là où l’air passe et je cale des matelas, debouts, pour être sûre que le vent ne passe pas. Je l’ai bien allongée et je l’ai installée de manière à ce qu’elle ne soit plus du même côté et je suis restée près d’elle pour la rassurer car elle avait peur de fermer les yeux. Sûrement une peur d’enfant venue d’un cauchemars. Alors je lui caresse les cheveux en lui chantant une berceuse,  » A la claire  fontaine ». Au début, elle garde les yeux grands ouverts en me tenant la main que j’avais posée sur son ventre pour qu’elle se rassure. Je la vois en train de me regarder, avec ses yeux fatigués et sa main s’accrochant à la mienne. Ses yeux commencent à se fermer doucement. La tétine qu’elle mâchouille commence à se décrocher, elle tombe sur le matelas. Dix minutes après, la petite est endormie .

Texte et photo par Camille B.

Un matin vers 8h…

S'habiller…
S’habiller…

Un matin vers 8h, à la résidence Jean 23, je prends mon service, ensuite je réalise l’aide à la toilette des résidents que je prends en charge. À 10h, je prend ma pause avec ma collègue. Puis je reprends mon service et en marchant dans les couloirs pour voir si tout va bien, je remarque que Monsieur L*** n’est pas habillé alors qu’il est autonome : il s’habille tout seul. Il est encore en pyjama. Je lui dis d’aller se préparer et il me demande de lui choisir ses vêtements car il ne sait pas quoi mettre. Pour lui faire une blague, je lui dis de mettre un survêtement et des baskets car c’est un monsieur qui s’habille toujours classe. Il me répond en rigolant qu’il est d’accord et se change immédiatement. Juste après, il prend sa canne et son téléphone et se met devant son miroir en me disant « regarde, je suis beau ». Je ris. Et il commence à faire semblant d’être un gars de la cité en imitant notre manière de parler.

Texte et photo par Intissoir I.

Edito de Gwendoline et Gwenaëlle (1ère partie)

Chères lectrices, chers lecteurs,

C’est reparti ! Nous sommes les nouvelles et les nouveaux élèves, qui reprenons la rédaction du blog paradarius pour cette année 2016-2017. Nous vous parlerons de notre filière Accompagnements, Soins et Services à la Personne (ASSP). Nous avons des cours professionnels qui sont : microbiologie, biologie humaine, pratiques de soins, pratiques d’hygiène, sciences médico-sociale, animation, prévention santé environnement, nutrition, service à l’usager, anglais, français, mathématique, physique-chimie, histoire-géographie, éducation civique, éducation physique et sportive.

La filière se déroule sur trois années au cours desquelles il y a huit stages à effectuer — deux par an —, la première année les stages durent trois semaines et les deux années suivantes, ils durent quatre semaines. Nous vous raconterons comment se passent ces stages.

Une nouveauté, cette année, les élèves de terminale CAP petite enfance viendront régulièrement, sur ce blog, vous faire partager également ce qu’elles vivent pendant leurs stages. Elles vous donnent rendez-vous à la rentrée 2017.

Bonne lecture, joyeuses fêtes et à bientôt.

La rédaction de paradarius