Editorial d’au revoir

Chères lectrices et chers lecteurs

Depuis le mois de janvier nous vous avons invités à découvrir notre filière en vous parlant de nos stages.

Cette expérience a été un moment de partage émouvant qui, nous l’espérons, vous aura permis d’en savoir davantage sur notre métier : nos inquiétudes, nos émotions, le temps intime passé auprès des personnes dont nous nous occupions.

Ce travail nous a aussi permis d’améliorer nos compétences professionnelles, de prendre du recul sur nos pratiques et d’approcher les personnes âgées, les enfants, les bébés, les patients, ainsi que les familles, de manière plus personnelle.

Nous vous remercions d’avoir pris le temps de lire nos reportages et de nous avoir soutenus grâce à vos commentaires et nous espérons que l’année prochaine vous pourrez partager les expériences de nouveaux élèves.

Les élèves de la terminale ASSP du lycée Darius Milhaud du Kremlin-Bicêtre.

Un couloir de tous les jours

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Résidence Tiers Temps.

 

Tous les matins, j’emprunte ce couloir pour accéder à la chambre de la patiente que je prends en charge. C’est une dame qui est là depuis peu de temps. Elle est venue ici pour une triple fracture du fémur gauche.

Une petite dame au grand cœur. Je passe beaucoup de temps à discuter avec elle. Madame R*** me fait beaucoup rire. Elle aime beaucoup me raconter les événements de sa vie passée.

Texte et photo par Marine R.

Un moment de partage avec ses amies

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Résidence Cousin de Méricourt- Cachan

 

Dans cette résidence, il y a une salle de restaurant à chaque étage, mais également une salle près de l’entrée, en bas.

Quand Madame B*** doit descendre pour manger, je l’accompagne, dans son fauteuil roulant et, en attendant que la salle ouvre, je l’installe à côté de ses amies. Celles avec lesquelles elle déjeune. Comme ça elles partagent un moment de retrouvailles avec elles. Elles peuvent discuter tranquillement, au calme.

Texte et image par Tatiana L.

Son lieu préféré et… son isolement

"Il la garde toujours sur lui"
« Il la garde toujours sur lui »

A chaque fois qu’il sort de sa chambre, Monsieur R*** ferme toujours la porte à clé. Du coup , il la garde toujours sur lui. Sa chambre est le seul endroit où il se sente bien. Donc il protège scrupuleusement ce lieu. Dans sa chambre, on voit que toutes ses affaires sont bien rangées.

Monsieur R*** reçoit très peu de visites. Il a besoin d’être en contact, en permanence, avec quelqu’un. Quand il est seul, il se renferme sur lui-même. Je l’écoute me raconter son histoire. Je l’encourage à me parler. Ça lui fait du bien.

Dès qu’il se retrouve seul, Monsieur M*** va dans sa chambre et s’enferme.

Texte et photo par Withney C.

Lundi 16 novembre 2015

"Elle doit le lire pendant 20 minutes"
« Elle doit le lire pendant 20 minutes »

Lecture de presse dans la salle d’animation. Je donne le journal à la résidente dont je m’occupe. Elle doit le lire pendant 20 minute. Ensuite je lui demande si elle a trouvé des choses intéressantes.  Une fois terminé, je l’encourage à parler de l’attentat. Elle me dit qu’elle est très choquée parce que ça touche beaucoup de jeunes. Elle me dit aussi qu’elle ne comprend pas ce geste de haine et de violence. Ça lui rappelle les attentats à Saint- Michel, quand elle était plus jeune.

Texte par Lisa S. Photo par Alice L.

Un geste quotidien

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« Mais ce matin, c’était différent ».

Tous les matins, à 9h45, j’arrive dans la chambre de Madame R*** pour lui faire sa toilette. Elle est toujours prête et toujours souriante. Mais ce matin, c’est différent. Elle me dit qu’elle a le moral à zéro. Elle me raconte que la veille personne ne lui a fait la toilette et qu’elle a eu de réelles difficultés à la faire seule. Elle m’explique aussi que cela lui fait plaisir que je sois là aujourd’hui. Ça lui remonte le moral. Elle me remercie pour l’aide que je lui apporte.

Texte et photo par Marine R.

Où étais-tu ?

"…en fait, à 13h, c’était avec son kinésithérapeute…"
« …en fait, à 13h, c’était avec son kinésithérapeute… »

Mardi, 12H30 je prend ma pause. Aujourd’hui, j’ai rendez-vous avec Monsieur B*** à 15h pour l’aider à faire ses courses. Vers 13h, je vais dans la salle d’animation avec les animatrices, je ferme la porte et j’éteins  la lumière pour ne pas que les résidents viennent.

A 14h, ma pause est terminée. J’ouvre la porte, les résidents arrivent petit à petit. Quand je sors de la salle, j’aperçois Monsieur B***. Il me dit que depuis tout à l’heure, il me cherche mais ne me trouve pas. Il pensait que nous avions dit 13h. Je lui dis que non. Enervé, il insiste en disant que c’était 13h. Il me dit que j’ai fait exprès de me cacher, puis il annule tout, et s’en va.

Trente minutes après, il revient s’excuser en me disant qu’en fait, à 13h, c’était avec son kinésithérapeute qu’il avait rendez-vous.

Texte et photo par Maïmouna T.

Les « au revoir »

"et avons fait un câlin"
« et nous avons fait un câlin »

Après avoir dit au revoir aux aides-soignantes, je suis descendue pour m’en aller et j’ai aperçu certains résidents. J’ai donc pu leur dire au revoir et c’est là que Madame R*** est apparue en dansant. Elle avait pris un verre de vin et avait les yeux rouges. Je me suis avancée vers elle pour lui dire au revoir et lui expliquer que mon stage était terminé. Nous nous sommes pris dans les bras et nous avons fait un câlin. Elle m’a dit « au revoir ma copine ».

Elle m’a souhaité une bonne continuation. Elle a dit qu’elle allait préparer ses valises et que je reviendrai la chercher pour partir d’ici.

Je lui ai dit que même si elle ne m’avait pas rendu la tâche facile, elle était une femme adorable et qu’elle m’avait bien fait rire et qu’elle allait me manquer. Après nos embrassades, je suis ainsi partie, le cœur lourd.

Texte et photo par Annaëlle M.